Le but du dialogue oecuménique. Henri Gras 1931-2007

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Une proclamation d'exclusivité sans nuance


Le cardinal William Levada, actuel « Préfet de la Doctrine de la foi » du Vatican, publiait, le 10 Juillet 2007, un document d'importance qui a la vertu de la clarté. Celui-ci reprend, de façon détaillée et motivée, le texte Dominus Jésus, écrit par son prédécesseur Joseph Ratzinger (l'actuel Benoît XVI), publié en septembre 2000.
L'affirmation centrale est simple : L'Eglise du Christ subsiste historiquement et pleinement dans la seule Eglise Catholique Romaine. Elle n'a Jamais cessé d'exister au cours de l'Histoire. Toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ Lui-même. Les autres religions chré­tiennes: Orthodoxes, Anglicanes, Réformées, Evangéliques, n'ayant pas été fidèles à la foi Catholique originelle, sont privées de la plénitude des voies du salut dont Rome détient l'exclusivité. Les Eglises orthodoxes bénéficient d'un régime de faveur, étant considérées comme « Eglises Particulières », déficientes du fait qu'elles ne reconnaissent pas la primauté du souverain ponti­fie de Rome. Les Eglises Protestantes ne sont que des Communautés ecclésiales, et les Evangéliques des Sectes. A tous, manquent les éléments essen­tiels de la foi catholique. Ils croient au sacerdoce Universel. La fonction de « pasteur » n'est pas un ministère sacré. Ils ont rompu avec la succession apostolique. Leurs sacerdoces ne sont pas valides. Leur conception de l'Eucharistie n'est ni authen­tique, ni intégrale.
Ces déclarations péremptoires reprennent exacte­ment celles de la Constitution sur l'Eglise « Lumen Gentium » du Concile Vatican II (1964). Les rappelant, le cardinal Levada entend lutter contre les interprétations erronées d'une pratique Œcuménique mal comprise et des visions inaccep­tables répandues dans le monde catholique, selon lesquelles l'unité des Eglises ayant éclaté, aucune d'elles ne peut se considérer comme détentrice de la vérité.
Ne s'agit-il pas, en fait, d'une stratégie vaticane visant à rassurer les intégristes lefebvristes, aux­quels Benoît XVI vient d'accorder le droit de célé­brer la messe de St-Pie V, afin de mieux les rallier ?
Et puis, cette autre motivation, exposée par Paula Boyer, Rédactrice en chef de « Pèlerin » (n° 6502 - P. 5) : «Pour le pape, d'abord préoccupé par la Déchristianisation de l'Occident et par l'influen­ce croissante des sectes évangéliques, l'urgence est à l'annonce de la Bonne Nouvelle, pas aux questions de chapelles». Autrement dit, tant le Schisme d'Orient (1054) que la Réforme du XVI"* siècle ne sont plus d'actualité. Le récent accord Luthéro-Catholique touchant à « la justifi­cation par la foi », constitue, pour la diplomatie vaticane, un premier pas dans l'évolution souhaitée. « Le dialogue œcuménique » poursuivi, orienté par Benoît XVI, tend ouvertement (c'est sa vertu) à rassembler autour de lui les brebis 'dispersées...
Quelle aveugle prétention ! Jésus-Christ seul en a le pouvoir et l'accomplira selon la mission qu'il a Reçue de Son Père (JEAN 11/52).
Or, tandis que subsiste la pratique des "indul­gences", détonateur historique de la Réforme, depuis celle-ci, combien de dérives ont alourdi la Tradition romaine au détriment de la Révélation biblique ! Les apparitions mariales, dogmes et pèlerinages qui s'ensuivirent, à eux seuls, ne sont-ils pas dissuasifs ?

Henri Gras

 

 

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